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Ces architectures technologiques qui résistent au temps

25 Août 2014 , Rédigé par innopi.over-blog.com

Les faits : IBM lance une nouvelle gamme de "mainframes", ces gros ordinateurs qui ont dominé l'informatique jusqu'à l'arrivée des mini puis des micro-ordinateurs.

Source : "Le mainframe repart pour 50 ans de plus", IT for business, mai 2014.

Commentaire : J'évoquais il y a quelques mois, dans un article, la résistance du vinyle face aux nouveaux formats musicaux. L'article de IT for business rappelle que ce type de résistance peut aussi s'appliquer à des architectures technologiques. Le point commun est que cela remet (partiellement) en cause la vision traditionnelle d'une succession de formats se substituant les uns aux autres (vinyle -> cassette -> CD -> MP3 pour l'un mainframe -> mini-ordinateur -> micro-ordinateur pour l'autre). La différence est que la technologie du vinyle est assez stable dans le temps. A l'inverse, les composants d'un mainframe d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec ceux des années 1960. En fait, plusieurs facteurs peuvent favoriser la subsistance de ces vieux formats :

- Les habitudes : certains clients ou consommateurs peuvent rester attachés à des produits ou systèmes qu'ils ont utilisés dans le passé ;

- Les investissements passés (sunk costs) : le maintien d'un marché pour les mainframes s'explique ainsi en partie par le fait que les grandes applications du SI de grandes entreprises (notamment dans la banque et l'assurance) ont été conçues pour ces systèmes et qu'un changement obligerait à de forts investissements pour renouveler ces logiciels ;

- Les performances dans certains domaines : qualité du son (pour le vinyle), consommation d'énergie pour une puissance donnée (mainframes) : les technologies qui subsistent conservent quelques avantages sur certains aspects spécifiques, qui peuvent intéresser certains clients, même s'ils sont minoritaires.

L'exemple le plus souvent cité de ces "technologies" qui résistent au temps, le clavier QWERTY, réunit un peu de ces trois éléments et surtout les relie. Dans l'absolu, il ne s'agit pas de la technologie la plus performante puisqu'il avait été étudié au départ pour limiter la vitesse de frappe, pour éviter aux marteaux des machines à écrire de s'emmêler. Mais dans la pratique, tout le monde, dans les pays occidentaux a appris à taper sur ce type de clavier (ou des variantes comme l'AZERTY français) et de ce fait, changer de clavier conduirait à tirer un trait sur cet investissement passé en temps et conduirait, dans un premier temps, à une baisse de la vitesse de frappe...

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