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Incuba-ville

19 Août 2015 , Rédigé par Pascal Corbel

Les faits : 40 incubateurs dans Paris intra-muros, bientôt une cinquantaine, dont la halle Freyssinet, tranformée en "plus grand incubateur du monde"... La ville de Paris et le Conseil Régional d'Ile-de-France soutiennent massivement ce type de dispositif pour rattraper le retard de Paris sur Londres ou Berlin en matière de création de start-up. Il s'agit d'une tendance forte, des grands groupes comme la SNCF, Renault ou Engie (GDF Suez) ayant lancé leur propre incubateur...

Source : "Start-up academy", Les Echos, 5-6 juin 2015.

Commentaire : Cette tendance est globalement positive : on sait que l'ennemi n°1 de l'entrepreneur est l'isolement. Ce type de structure multiplie les opportunités de rencontres tout en donnant accès à des experts. Le taux de défaillance des entreprises accompagnées est très nettement inférieur à celui des entreprises non accompagnées. De plus, la perspective d'être accompagné peut inciter certains entrepreneurs hésitants à "sauter le pas". C'est d'ailleurs sur ce type de phénomène d'entraînement que comptent les promoteurs du système : plus d'incubateurs attirent les "start-upeurs", ce qui augmente les succès visibles, qui à leur tour incitent à la création d'entreprises...

Mais cela ne va pas sans poser quelques questions. Certes, l'offre crée la demande. Mais, dans le cas présent, l'offre a augmenté à une telle vitesse qu'il n'est pas certain que la demande suive. C'est vrai qu'ajourd'hui chaque incubateur reçoit beaucoup plus de dossiers qu'il n'a de places. Mais il faut faire attention à ce que l'abondance de l'offre n'aboutisse pas à l'acceptation de projets moins solides... et à des taux de réussite plus faibles.

Autre questionnement : la concentration dans Paris intra-muros, qui joue ainsi le rôle d'aspirateur de start-up. Or, il y a d'autres territoires susceptibles de générer une dynamique de création de start-up en Ile-de-France (je pense évidemment plus particulièrement à Paris Saclay). Il ne faudrait pas que ces territoires soient réduits au rôle de pourvoyeurs de projets pour la seule ville de Paris.

Quant aux grand groupes, on comprend qu'il s'agit pour eux à la fois d'attirer des start-up dans des domaines technologiques qui pourraient devenir stratégiques pour eux, pour éventuellement les acheter plus tard (dans l'esprit des stratégies dites d'A&D - acquisition et développement, popularisées par Cisco) et d'offrir des possibilités à leurs salariés entrepreneurs, dans une optique d'essaimage, qui semble revenir en force après avoir été une tendance forte (une mode ?) à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

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