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Roche et Genentech

31 Décembre 2014 , Rédigé par innopi.over-blog.com

Les faits : Le laboratoire Roche a eu la bonne idée, avant la mode de l'innovation ouverte, et surtout avant qu'il ne prenne une gigantesque valeur boursière, de prendre une participation majoritaire dans le pionnier de la biotechnologie médicale : Genentech. Il contribue maintenant très fortement à alimenter le portefeuille de médicaments du laboratoire suisse. Roche a bien compris dès le départ que Genentech avait une culture d'innovation différente et n'a pas cherché à intégrer sa pépite "biotech" à ses autres activités. Elle a poursuivi son développement en toute autonomie.

Source : "Avec Genentech, Roche a mis un tigre dans le moteur de sa R&D", Les Echos, 12-13 décembre 2014.

Commentaire : L'acquisition d'entreprises est un moyen d'accéder à des compétences ou des technologies difficiles à développer en interne. La phase d'intégration est alors souvent très délicate et peut aboutir à des départs massifs des "cerveaux" et donc des compétences convoitées. Roche a su gérer avec délicatesse cette intégration en laissant sa filiale se développer comme si elle était indépendante, en prenant simplement le relais dans les phases avales du processus d'innovation et surtout la commercialisation, lui donnant ainsi accès à des actifs complémentaires qu'elle aurait dû développer en interne si elle n'avait pas intégré le groupe suisse. Aucune méthode de management n'étant miraculeuse, il faut toutefois noter qu'une telle façon de procéder ne permet pas de diffusion des nouvelles compétences au sein des entités existantes de l'entreprise acquéreuse.

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Le MEDEF soutient l'innovation ouverte

31 Décembre 2014 , Rédigé par innopi.over-blog.com

Les faits : Le MEDEF, en association avec les sociétés de conseil Arthur D. Little et Bluenove, lance un baromètre de l'innovation ouverte dans les entreprises françaises.

Source : "L'innovation ouverte devient un cheval de bataille pour le MEDEF", Les Echos, 5-6 décembre 2014.

Commentaire : Concept proposé par Henry Chesbrough, Professeur à l'Université de Californie à Berkeley, l'open innovation consiste à rendre moins hermétique le processus d'innovation des entreprises, en permettant d'y intégrer des idées, projets, technologies issues de l'extérieur et en permettant la valorisation des innovations de l'entreprise autrement que par la seule incorporation dans ses propres produits. L'ouverture des processus d'innovation est inéluctable dans un contexte de complexification des technologies. Il faut toutefois dans ce cadre veiller à ne pas caricaturer :

- Le point de départ n'est pas un processus totalement fermé : les partenariats de R&D, le transfert de technologies, les accords de licences sont pratiqués par beaucoup d'entreprises depuis longtemps ;

- Le point d'arrivée n'est pas (ou très rarement) un processus totalement ouvert à l'image de l'open source dans le monde des logiciels. Il est important qu'une entreprise conserve la maîtrise de certains des aspects technologiques de ses produits et procédés de production, soit au niveau de certains composants clés, soit au niveau de l'intégration système. C'est peut-être en raison du manque de nuances parfois constaté lorsque l'on parle des systèmes d'innovation ouverte que 38% des entreprises interrogées par le MEDEF craignent de perdre la maîtrise de leur processus d'innovation et 58% ont peur du vol ou du détournement de propriété intellectuelle...

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Dans le salon aussi...

31 Décembre 2014 , Rédigé par innopi.over-blog.com

Les faits : Bouygues Télécom lance un forfait avec une box sous Android donnant accès au navigateur Chrome, YouTube, PlayStore... Bref, tout l'univers Google (25,99 euros par mois).

Source : "Avec sa box, Bouygues fait entrer Google dans le salon", Les Echos, 5-6 décembre 2014.

Commentaire : En complément de notre dernier article sur la guerre des navigateurs et des systèmes d'exploitation, nous pouvons donc ajouter que la box qui trône dans le salon de nombreux ménages peut aussi faire l'objet de ce type de bataille.

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Economie du savoir et répartition des rémunérations : le cas des développeurs informatiques

31 Décembre 2014 , Rédigé par innopi.over-blog.com

Les faits : Les développeurs qui montrent un talent particulier sont en position de force sur le marché du travail. Au-delà de salaires conséquents, ils cherchent souvent les projets les plus intéressants et sont donc parfois difficiles à conserver. Ils développent d'ailleurs souvent leurs propres applications à côté de leur travail salarié, ce qui peut les amener à créer leur propre entreprise.

Source : "Les 'dev', ces nouvelles stars que l'on s'arrache", Les Echos, 21-22 novembre 2014.

Commentaire : Dans ce que l'on a coutume d'appeler "l'économie du savoir", les détenteurs d'un savoir-faire particulier peuvent avoir une forte valeur pour l'entreprise qui a un projet mobilisant ce type de savoir-faire. Les développeurs en sont un excellent exemple. La multiplication des applications (notamment pour téléphones mobiles) a conduit à un besoin fort de développeurs informatiques. Cela se traduit classiquement par un fort turnover et une hausse des rémunérations. Mais aussi par la possibilité pour eux de créer assez facilement leur propre entreprise, certaines de ces applications pouvant être développées à quelques uns, voire tout seul, et sans apport en capital.
Même s'il faut éviter les caricatures en la matière (les besoins en capitaux financiers restent forts pour beaucoup de projets, y compris dans le monde de l'information, et l'investissement financier peut toujours être source de hauts rendements), cela traduit une tendance globale où la part de la valeur ajoutée allant aux activités liées au savoir (par exemple, R&D, conseil et expertise, mais aussi par exemple redevances sur licences liées à des brevets) va occuper une part croissante dans la valeur ajoutée globale, au détriment de la rémunération du capital et aussi, on peut le craindre - et nous y reviendrons - des activités salariées ne mobilisant pas des savoirs et savoir-faire rares et fortement créateurs de valeur.

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La guerre des navigateurs et des systèmes d'exploitation (suite)

31 Décembre 2014 , Rédigé par innopi.over-blog.com

Les faits : Il y a dix ans, naissait dans l'entreprise Netscape, dont le "Navigator" avait perdu sa position dominante face à Internet Explorer, intégré à Windows par Microsoft pour rattraper son retard, le projet "Mozilla". Ce projet open source va s'autonomiser et va lancer le Navigateur Firefox. Celui-ci ne fait alors pas encore le poids face aux plus de 90% de parts de marché d'Internet Explorer. Il lancera aussi le logiciel de messagerie Thunderbird. Fin 2009, il se décline en version mobile. Il a alors réussi à conquérir près de 25% de parts de marché (contre moins de 65% pour Internet Explorer et moins de 5% pour Chrome). En 2014, alors qu'il lance un projet de smartphone à 25 euros, doté de son propre système d'exploitation, il n'occupe plus que 15% de parts de marché, mais Internet Explorer est à peine au-dessus : c'est Chrome qui est maintenant le leader avec plus de 35%.

Source : "Dix ans après son lancement, Firefox doit faire face à de nouveaux défis" et "Microsoft parachève la révolution d'Office", Les Echos, 7-8 novembre 2014.

Commentaire : Mozilla, projet un peu hybride, porté par une fondation mais générant plus de 300 millions de dollars de chiffre d'affaires (grâce à des accords avec les moteurs de recherche présélectionnés par défaut par le navigateur) joue les troubles fêtes dans le duel de géants qui oppose essentiellement Microsoft d'un côté (Windows + Internet Explorer) et Google de l'autre (Android + Chrome), Apple (iOS + Safari) jouant les outsiders en proposant de son côté ses propres outils dans son système fermé. Le contrôle du système d'exploitation et des principaux outils liés à Internet (navigateur, messagerie, moteur de recherche) est en effet crucial même quand il ne génère pas directement de revenus. Il permet en effet d'orienter le consommateur vers des services lucratifs : Google et Android market, App Store... C'est ce qu'a compris Microsoft qui comptait - et compte encore - avant tout sur les redevances versées pour l'utilisation de son système d'exploitation. Il pourrait être amené à modifier progressivement son modèle d'affaires (ce qui se traduit par exemple par la proposition d'une version de base d'Office gratuite pour Android).

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