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La guerre des batteries s'invite dans les maisons

31 Août 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : Après les annonces de Tesla, c'est au tour de Schneider Electric d'annoncer la sortie imminente de systèmes de stockage d'électricité pour les bâtiments. Ce type de système peut permettre d'imaginer des habitations (ou des lieux de travail) auto-suffisants en électricité en résolvant la problématique du décalage entre le niveau de production et le niveau de consommation.

Source : "Schneider Electric défie Tesla dans le stockage d'énergie", Les Echos, 18-19 décembre 2015.

Commentaire : Les batteries sont incontestablement l'un des secteurs les plus stratégiques pour les années à venir : utilisation des appareils mobiles, voitures électriques, développement de la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables... Tout concourt à penser que des progrès importants dans ce domaine pourraient offrir des débouchés gigantesques aux entreprises concernées. Reste tout de même la question du recyclage de ces batteries qui ne sont pas, en elles-mêmes, des modèles de produits écologiques...

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Faut-il de gros moyens pour innover ?

30 Août 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : Une communauté de "makers" au Togo (le "WoeLab") a conçu une imprimante 3D essentiellement à partir de composants informatiques recyclés.

Source : "Au Togo, l'imprimante 3D naît des déchets", Enjeux Les Echos, mars 2015, p.24.

Commentaire : Cette jolie histoire illustre l'émergence d'un concept issu des économies les moins avancées et qui tend à être adopté (au moins dans les discours) par les grandes entreprises occidentales : celui d'innovation frugale. Il est largement né de l'inadaptation des innovations proposées par ces mêmes multinationales, fondées sur une sophistication toujours plus poussée, aux besoins des populations de ces pays. Les solutions inventées par ces dernières pour y faire face se sont souvent révélées très ingénieuses.

Cette réhabilitation de l'ingéniosité par rapport aux grands programmes de R&D très gourmands en ressources pouvait difficilement laisser indifférents les groupes occidentaux en quête d'optimisation de l'utilisation de ces dernières. D'autant que ces solutions imaginées pour les pays émergents peuvent souvent s'étendre aux segments "low cost" en expansion dans les pays les plus riches. Mais il faut se garder de tout excès en la matière. Oui, c'est une réelle tendance, qui a du sens et ne devrait donc pas rester une simple mode, mais elle vient en complément plus qu'en substitution aux projets d'innovation plus classiques, mobilisant de gros moyens, encore (et même plus que jamais) indispensables dans certains domaines.

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La dictature des classements

29 Août 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : 10 groupes français figurent dans le top 100 du classement Thomson Reuters des entreprises les plus innovantes.

Source : "Dix groupes français dans le Top 100 de l'innovation", Les Echos, 12 novembre 2015.

Commentaire : Le titre de l'article des Echos est éloquent. On oublie la méthodologie très particulière de ce classement (néanmoins présentée dans l'article), qui disqualifie automatiquement les entreprises qui compteraient peu sur les brevets pour protéger leurs inventions et favorise les grandes groupes au détriment des start-up (qui sont, elles, favorisées par d'autres types de classements). Figurer dans un tel classement devient donc réellement synonyme d'être l'un des groupes les plus innovants au monde.

Suffisamment pour infléchir la stratégique de certains d'entre eux ? Apparemment pas selon les discussions qui ont eu lieu lors d'un petit déjeuner organisé par le cabinet Lavoix sur le sujet en avril dernier. Mais assez, visiblement, pour attirer l'attention des dirigeants en cas de sortie du classement. Alors quelle influence pour ce type de "ranking" ?

La volonté de se comparer aux autres semble assez naturelle et tend logiquement à se renforcer dans une société guidée par la performance. Rien d'étonnant à cela. On voit donc fleurir un peu partout des "rankings". L'important est alors pour les institutions qui font l'objet de ces classements de ne pas oublier leurs buts fondamentaux au profit des indicateurs utilisés pour réaliser ces classements. Il faut en effet toujours garder à l'esprit qu'un indicateur ne reflète toujours qu'imparfaitement la réalité qu'il cherche à mesurer. Mais ce constat de bon sens ne vaut que si chacun prend ces classements avec cette "évidence" à l'esprit. Car si on commence à les utiliser pour choisir ses fournisseurs ou ses partenaires, si les chercheurs de haut niveau commencent à préférer les entreprises bien classées... alors l'indicateur finit par précéder la réalité.

Ce phénomène reste sans doute assez marginal pour les entreprises (non que la dictature des indicateurs y serait moins forte qu'ailleurs : c'est sans doute l'inverse - néanmoins d'autres indicateurs, notamment financiers, y prédominent) mais pas nécessairement dans d'autres domaines. C'est particulièrement le cas au niveau académique où la présence dans les classements reconnus contribue effectivement à attirer les meilleurs chercheurs et doctorants. C'est à se demander si je ne devrais pas essayer de publier dans des revues prises en compte dans le classement de Shanghai pour aider mon université à passer de la deuxième à la première place française plutôt que d'écrire ces articles pour mon blog (je plaisante, encore que...).

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