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Appareils photo : quand les frontières se brouillent

28 Décembre 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Actualités techno commentées

Les faits : Entre le lancement de compacts à grand capteur et à objectifs interchangeables et celui d'un reflex... pas vraiment Reflex par Sony, les frontières installées depuis des décennies deviennent plus floues. 

 

Source : Enjeux - Les Echos, décembre 2010 (mais aussi toutes les revues photo de ces derniers mois).

 

Commentaire : L'avènement de la photographie numérique avait ébranlé la position commerciale de certains acteurs du marché de la photo (voir notre analyse de la manière dont elle s'est substituée à la photo argentique), mais sans changer fondamentalement les repères des consommateurs. En caricaturant un peu, on avait juste substitué à la pellicule un capteur permanent qui avait la même fonction. Cela ouvrait certes de nouvelles possibilités (réglage de la sensibilité, de la balance des blancs, etc.) mais, si on laisse de côté les équipements professionnels essentiellement destiné à la photo de studio, on avait deux classes d'appareils :

- les compacts, peu chers, faciles d'utilisation, privilégiant les réglages automatiques, légers et peu encombrants, équipés d'un viseur oculaire basique (donc sujet à la parallaxe) ou d'une visée électronique sur écran au dos de l'appareil ;

- les reflex, plus chers, plus lourds, disposant des mêmes automatismes mais plus facilement débrayables pour permettre un contrôle des paramètres par le photographe, d'un système d'objectifs interchangeables et d'une visée spécifique (dont vient leur nom), un miroir renvoyant l'image exacte de ce qui est pris en photo (pas de parallaxe).

Les cibles étaient assez claires, le photographe "du dimache" pouvant faire de jolis clichés de famille avec son compact, le photographe plus créatif se rabattant bien vite sur un reflex. L'avènement de la photo numérique avait même dans un premier temps creusé l'écart, les compacts étant dotés de capteurs beaucoup plus petits que celui des reflex alors que l'on pouvait utiliser la même pellicule argentique entre les deux catégories.

Mais peu à peu, et avec une accélération récente, les différences se sont brouillées :

- On a d'abord vu l'apparition de compacts un peu plus volumineux et adoptant une esthétique assez proche de celle des reflex, avec généralement un zoom de forte amplitude. Les prix de certains de ces appareils approchent parfois ceux des reflex d'entrée de gamme. On a donc créé une nouvelle catégorie pour eux : les "bridges".

- Puis on a vu apparaître des fonctions vidéo sur les appareils photo, d'abord compacts car leur système de visée est bien plus adapté. Mais on a rapidement doté les reflex de cette même fonction car la combinaison de leur capteur plus grand et de leurs objectifs de qualité supérieure permettaient potentiellement de tourner des images de qualité professionnelle (Cédric Klapisch a ainsi tourné son dernier film avec un appareil photo). Mais le système de visée des reflex était mal adapté (pendant la prise de vue, le miroir se lève, ce qui obstrue le viseur). D'où la généralisation des systèmes "liveview" sur les reflex... que certains utilisateurs se mettent à utiliser comme des compacts.

- On a ensuite vu apparaître, notamment chez Panasonic et Sony (qui ne sont pas des marques "historiques" du monde de la photo), des appareils compacts à objectifs interchangeables et à capteur plus grand (et parfois à viseur électronique, moins qualitatifs aujourd'hui que les viseurs reflex mais permettant une visée oculaire sans parallaxe) : on les a qualifié d'hybrides.

- Et pour finir, Sony vient de présenter un appareil qui a toutes les caractéristiques d'un reflex, sauf la visée reflex. Il est doté d'un miroire semi-transparent permettant d'utiliser le système autofocus des reflex, beaucoup plus rapide que celui des compacts, mais en l'associant à un viseur électronique, ce qui facilite beaucoup la gestion de l'autofocus en mode vidéo.

Voilà qui permet de "coller" au mieux aux besoins des différents types de consommateurs... à condition qu'il puisse s'y retrouver !

 

Cette effervescence rappelle au passage que l'on ne peut juger des conséquences de l'avènement d'une nouvelle technologie que longtemps après son introduction, lorsque l'on en a vraiment utilisé tout le potentiel.

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