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Articles récents

Silicon Valley à la française ? La dimension fiscale

19 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : Manuel Valls a annoncé la création d'un véhicule fiscal facilitant le réinvestissement des fonds liés aux succès entrepreneuriaux. L'idée serait de ne pas imposer la plus-value dès lors que les fonds seraient investis dans ce véhicule fiscal : ils ne le seraient qu'à la sortie de ce compte. L'idée est d'augmenter le nombre de business angels en France. La calendrier de la mise en oeuvre de cette mesure n'a pas été annoncé.

Source : "Valls souhaite davantage de 'business angels' en France", Les Echos, 4 février 2016.

Commentaire : Voilà qui fait écho à l'article précédent, la fiscalité étant souvent citée comme un obstacle à la mise en place d'un cercle vertueux façon Silicon Valley en France (argument d'ailleurs à manier avec précaution car la fiscalité californienne est très loin d'être la plus avantageuse des Etats-Unis...).

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Sommes-nous en train de créer une Silicon Valley à la française ?

19 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal Corbel

Les faits : Un article du Nouvel Economiste revient sur la combinaison unique qui fait le succès de la Silicon Valley et la compare à l'Ile-de-France. Les arguments sont classiques : côté positif, la qualité de la recherche et de l'enseignement supérieur, les structures pour accueillir les jeunes entreprises, le crédit impôt recherche. Côté négatif : la faiblesse du capital-risque, la fiscalité...

Mais un point a retenu mon attention : l'omniprésence de "Paris-Saclay" dans l'article. Parfois, c'est même pour rappeler que les atouts de l'Ile-de-France ne se limitent pas à ce territoire : "Il y a de nombreuses richesses sur le territoire, Saclay, mais pas seulement". Mais Paris-Saclay est très présent par la suite : "Un bon point, d'autant que le site de Paris-Saclay innove sur des matières bien plus variées que celle de la Silicon Valley : énergie, santé et pharmacie, automobile et mobilité, aéronautique et défense." ou encore : "Ce qui manque surtout ? Un milieu d'investisseurs qui ait le réflexe de regarder ce qui se passe et de retenir Paris-Saclay comme l'un des coeurs de leur activité." (il est vrai que cette dernière phrase est de Philippe Van de Maele, PDG de l'établissement public d'aménagement Paris-Saclay).

Source : "Silicon-sur-Seine", Le Nouvel Economiste, 29 janvier au 4 février 2016.

Commentaire : Il reste à espérer que les institutions, notamment académiques, qui ont la lourde responsabilité de représenter cet espoir de dynamique d'innovation, ne resteront pas cantonnées dans la nostalgie de leur histoire et sauront dépasser leurs différences pour construire ensemble ce fameux "écosystème" si souvent évoqué.

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Innover avec les universités

17 Septembre 2016 , Rédigé par innopi.over-blog.com

Il est de coutume dans notre pays de critiquer le manque de relations entre l'industrie et la recherche universitaire. Il est vrai que les performances françaises en la matière semblent en retrait par rapport aux Etats-Unis ou à l'Allemagne. Beaucoup de choses ont été mises en place pour essayer de renforcer ces liens, sans toujours éviter le travers de la multiplication des structures ou certains effets pervers des indicateurs mis en place.

Mais profitons de la remise de la Grand Croix de l'Ordre du Mérite au Prix Nobel 2007 de physique Albert Fert pour montrer qu'il y a tout de même de beaux succès dans ce domaine. La raison principale qui avait conduit le comité Nobel à décerner le prestigieux Prix à cet universitaire français (Albert Fert a fait l'essentiel de sa carrière à l'Université Paris-Sud) était en effet sa découverte de la magnétorésistance géante (Giant Magneto-Resistance, GMR). Or, celle-ci, ainsi que les premiers développements de ce qu'on appelle aujourd'hui la "spintronique" (à la base par exemple des têtes de lecture des disques durs d'aujourd'hui) a été réalisée dans le cadre d'une collaboration entre l'équipe d'Albert Fert (CNRS / Université Paris-Sud) et Thomson-CSF (groupe depuis scindé en deux entités, l'une dans l'électronique grand public - Thomson Multimédia, aujourd'hui Technicolor, l'autre dans la défense et la sécurité - aujourd'hui Thales). C'était à la fin des années 1980...

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Enfin un PC innovant ?

16 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : HP propose un PC créatif, le "Sprout". Un PC doté d'un grand écran tactile (23 pouces), d'un projecteur / scanner 3D et d'un tapis créatif (qui peut par exemple être transformé en clavier pour apprendre le piano).

Source : "Sprout par HP, un ordinateur créatif", Les Echos week-end, 29-30 janvier 2016, p.57.

Commentaire : Il est très difficile de se différencier pour les fabricants de PC, qui intègrent tous les mêmes composants clés. Dès lors, entre une forte concurrence et une grosse partie de la valeur captée par Intel et Microsoft, ce type d'activité s'avère souvent peu rentable. Ici, HP propose un produit réellement original, avec l'avantage d'être le seul à le faire pour l'instant, ce qui peut justifier un prix plus élevé (2 200 euros en l'occurrence !) mais nécessite d'amorcer les fameuses externalités de réseau que j'évoque souvent sur ce blog. En effet, payer ce prix pour avoir accès à une petite douzaine d'applications spécifiques risque d'être jugé excessif par le grand public. Or, il faut qu'il existe déjà une base installée suffisamment importante pour inciter des éditeurs de logiciels à concevoir des applications pour le Sprout. Il est donc particulièrement important pour HP que consommateurs innovateurs et adopteurs précoces se jettent sur le produit pour lancer cette dynamique avant que les concurrents ne lancent des produits comparables.

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Elon Musk, visionnaire ou imposteur ?

15 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : Une biographie du fondateur de Tesla et SpaceX (entre autres) a été publiée récemment. Elle présente Elon Musk comme un grand visionnaire.

Source : "Elon Musk : l'homme le plus audacieux du monde", Les Echos week-end, 5 février 2016, p.15-20.

Commentaire : Il a créé une première société à 24 ans, revendue à Compaq pour 22 millions de dollars, réinvestis dans le futur PayPal, revendue à eBay pour... 1,5 milliards de dollars. Il a réinvesti l'essentiel de ses gains dans SpaceX (100 millions), Tesla (70 millions) et SolarCity (10 millions). Bilan : SpaceX a cassé les prix dans le lancement de satellites et a su prendre une part de marché importante sur un marché fermé, Tesla a conçu de magnifiques voitures électriques qui en font rêvé plus d'un et SolarCity se dit n°1 de l'installation de panneaux photovoltaïques aux Etats-Unis. Il a ainsi gagné suffisamment de crédibilité pour faire financer son projet de train ultra-rapide (Hyperloop) et même, plus indirectement, l'idée d'une future colonisation de Mars. Son patrimoine est évalué à environ 10 milliards de dollars.

Mais tout cela doit être analysé à l'aune du système de financement de la Silicon Valley : on investit sur une idée avec des objectifs de valorisation de l'entreprise qui, lorsqu'ils sont atteints, amènent à un nouveau tour de table, avec de nouveaux objectifs... de valorisation. Certes, cette valorisation est censée refléter des progrès réels, d'abord en R&D, puis en activité, puis en rentabilité. Mais ce système peut aussi porter très loin des systèmes non rentables. Or, au deuxième trimestre 2016, Tesla Motors réalisait 1,27 milliards de dollars de chiffre d'affaires et... 293 millions de pertes, SolarCity cosommait plus de 200 millions de dollars de cash, tandis que SpaceX est peu disserte sur ses résultats financiers.

Elon Musk n'est probablement pas un imposteur au sens où il croit réellement dans ce quoi il investit. Il ne cherche pas à tromper les investisseurs. Il a également su capter certaines tendances et renverser des situations établies. Mais cela n'en fait pas un sur-homme incapable de se tromper. Et un tel système peut assez vite amener à la mégalomanie. Alors personnellement, je ne mettrais pas un euro dans ses entreprises... Euh, sauf peut-être pour m'acheter une Tesla si j'en avais les moyens ;-).

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ASL versus Space X

14 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : Tandis qu'Ariane 5 réussissait un 70ème lancement consécutif de satellite, Airbus Safran Launchers annonçait que le lanceur Ariane 6 serait prêt en 2020 et serait capable de rivaliser en termes de coûts de lancement avec Space X, qui vient d'arriver sur le créneau du lancement de satellites lourds.

Source : "Ariane 6 promet de tenir les délais pour affronter Space X", Les Echos, 29-30 janvier 2016.

Commentaire : Elon Musk, la charismatique patron de Space X a incontestablement réalisé un coup de maître en pénétrant de manière spectaculaire le marché du lancement de satellites, qui semblait protégé par des barrières à l'entrée particulièrement élevées. De là à y voir la preuve que tous les projets qu'il a annoncés vont se réaliser, il y a un pas que je ne franchirai pas... Nous y revenons demain.

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Youtubeur, métier du XXIème siècle

13 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : La presse se fait souvent l'écho de l'importance prise par les stars qui ont émergé à travers les réseaux sociaux (et singulièrement les vidéos sur YouTube), à l'image d'EnjoyPhooenix en France, en mettant en avant leurs revenus plus que conséquents. Ici, l'article des Echos porte sur un aspect beaucoup moins anecdotique à notre sens : les conséquences sur la manière de concevoir la promotion des nouveaux produits, en particulier dans des secteurs comme la mode ou la cosmétique, le pouvoir prescripteur de ces personnes dépassant désormais souvent celui des magazines spécialisés.

Source : "Ces stars de YouTube qui font la pluie et le beau temps dans la mode et la beauté", Les Echos, 27 janvier 2016.

Commentaire : Le phénomène n'est pas vraiment nouveau : réussir à convaincre une star de porter un vêtement ou de faire savoir qu'elle utilise un produit de beauté fait depuis longtemps partie de l'arsenal marketing des marques. Le phénomène "YouTubeur" (ou ici souvent "YouTubeuse") est évidemment plus singulier et récent. Il pose un certain nombre de questions quant à l'expertise de ces prescripteurs émergents. Il remet aussi en cause la position d'acteurs incontournables (le poids comparé des communautés de ces stars et de celles de grands magazines comme Elle, Marie-Claire ou Cosmo est significatif à cet égard).

Mais il ne faut pas pour autant y voir une tendance forte à la "démocratisation" des points de vue sur ces sujets. Le nombre de YouTubeurs faisant référence dans un domaine sera limité par les possibilités d'attention des internautes, qui n'est pas infini. Résultat, par l'effet de ce que les économistes appellent les "rendements croissants dans l'information", seuls un petit nombre d'entre eux aura un réel impact. Il s'agit donc pour les marques de bien identifier ces derniers et de les convaincre de l'intérêt de leurs produits (la crédibilité de ces YouTubeurs imposera qu'ils conservent un minimum de recul par rapport aux produits qui leur sont présentés) mais aussi de garder la tête froide : seuls quelques uns parviendront à (bien) vivre de ce type d'activité. Donc, oui, c'est un élément clé du marketing du XXIème siècle mais... non, YouTubeur n'est pas le métier du XXIème siècle !

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Archos et les montagnes russes

12 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : Après trois années consécutives de baisse du chiffre d'affaires et de lourdes pertes, le chiffre d'affaires d'Archos a augmenté en 2015.

Source : "Archos remonte la pente", Les Echos, 15-16 janvier 2016.

Commentaire : Je cite souvent à mes étudiants l'exemple d'Archos comme celui d'une entreprise qui a donné trop de poids à ses activités d'exploration (l'entreprise a souvent été pionnière sur des produits d'électroniques grand public comme les baladeurs à disque dur, les baladeurs vidéo ou les tablettes) par rapport à ses activités d'exploitation. La société s'est maintenant repositionnée sur l'entrée de gamme de ces produits et bénéficie du décollage des offres "SIM only" sur le marché des smartphones et du retrait d'un certain nombre d'acteurs du marché des tablettes. Reste à savoir si cela va lui permettre de retrouver la rentabilité...

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L'Oréal, entreprise de services ?

9 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : Les Echos publiait en novembre dernier (oui, je rattrape le retard accumulé ces derniers mois) une interview de Jean-Paul Agon. Outre le classique "Mon ambition, c'est que l'Oréal soit un leader avec un esprit de challenger. Un grand groupe avec un comportement de start-up", devenu incontournable chez les patrons de grands groupes, l'interview contient des passages intéressants sur les effets du numérique, par exemple avec cette phrase : "Jusqu'à présent, nous avions l'habitude de vendre un produit. Nous allons vendre des services."

Source : L'entretien du lundi, Les Echos, 23 novembre 2015.

Commentaire : L'Oréal, reste une entreprise de référence en matière d'innovation en France. J'y avais d'ailleurs consacré un article de fond, fondé sur un ouvrage consacré au géant de la cosmétique (B. Collin et D. Rouach, Le modèle L’Oréal, Pearson, 2009), ainsi que quelques articles plus spécifiques qui portaient justement sur certaines transformations que subit cette entreprise qui est fondamentalement une entreprise de chimie : liens avec l'alimentation ou diversification dans les instruments pour la beauté. Mais il est vrai que la transformation peut aller plus loin avec des services de personnalisation des produits en fonction des caractéristiques de la peau. Outre les aspects liés au e-marketing, soulignés dans l'article, les besoins de l'Oréal dans le domaine du traitement des informations risquent d'être très forts dans les années à venir. L'Oréal risque de recruter plus d'informaticiens (au sens large) que de chimistes dans les années à venir.

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Une autre alliance entre une vieille institution et une jeune entreprise digitale

8 Septembre 2016 , Rédigé par Pascal

Les faits : La SNCF a annoncé un partenariat avec Airbnb : elle a commencé à inciter les clients de sa plateforme Voyages-sncf.com à s'inscrire sur celle d'Airbnb. Elle ne sera pas directement rémunérée pour cela mais compte susciter plus de voyages chez ses clients dès lors qu'ils mettront en location leur logement lors de ces derniers.

Source : "Tourisme : Voyages-sncf.com va faire alliance avec Airbnb", Les Echos, 14 décembre 2015.

Commentaire : Après les acquisitions de start-up par les banques, voici une autre manière, pour les entreprises de la "vieille économie", de s'adapter à ce qu'on n'appelle plus la "nouvelle économie" (le terme a sans doute été trop galvaudé à la fin des années 1990 même s'il est sans doute plus adapté que jamais...) alors disons à l'économie digitale.

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