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Apprentissage organisationnel, de Chris Argyris, C. et Donald A. Schön

12 Septembre 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Résumés d'ouvrages

Argyris, C. et Schön, D.A., L'apprentissage organisationnel, De Boeck, 2002

 

Ce résumé reprend une synthèse d'ouvrage réalisée pour la lettre du DESS Management et Qualité Globale (qui existe toujours, sous la forme d'un Master) de l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines en 2004. L'apprentissage organisationnel est en effet fortement lié à l'innovation : à la fois parce qu'il permet l'innovation organisationnelle et que les "paradigmes fondamentaux" que décrivent Argyris et Schön conditionnent le type d'innovation produit que l'entreprise est susceptible de développer, comma l'avaient bien montré Tripsas et Gavetti dans un article dans le Strategic Management Journal (1).

 

Lorsque l’on m’a demandé d’élaborer une synthèse d’ouvrage pour la lettre du DESS, on m’a précisé « si possible récent ». Cette volonté de coller à l’actualité bibliographique, donc d’avoir accès aux connaissances les plus récentes sur un sujet est on ne peut plus légitime et constitue même l’un des avantages les plus évidents de l’adossement des programmes d’enseignement à la recherche, propre aux universités. Néanmoins, la lecture de « grands classiques » peut, elle aussi, être extrêmement instructive en aidant, entre autres, à mieux distinguer les constantes, les progrès et… les modes et fausses nouveautés du management. L’ouvrage choisi ici avait l’avantage de combiner plusieurs de ces avantages. Il s’agit en effet d’une traduction récente (2002) d’un ouvrage encore jeune (1996) mais qui capitalise largement sur un premier ouvrage des deux auteurs, paru en  1978, et qui constitue l’un des « classiques » du management.

 

Les auteurs commencent par revenir, en les affinant, sur les fondamentaux de leur premier ouvrage. Ils établissent l’existence d’une forme d’apprentissage des organisations, distinct de l’apprentissage individuel de ces membres. Cet apprentissage provient du décalage constaté entre des actions mises en œuvre et les résultats obtenus. Ces actions reposent sur un ensemble d’hypothèses fondamentales (par exemple sur des relations de cause à effet) appelées « paradigmes fondamentaux » et les valeurs directrices de l’entreprise. Cet ensemble est en partie tacite, ce qui peut provoquer un décalage entre la théorie réellement en usage dans l’organisation et la « théorie professée » utilisée pour expliquer les actions menées. Lorsque les résultats obtenus sont inattendus, les stratégies d’actions mises en œuvre, mais aussi les principes du paradigme fondamental peuvent être remis en cause. Il s’agit alors d’un apprentissage « en simple boucle ». Parfois, les valeurs directrices de l’entreprise elles-mêmes sont remises en cause : l’organisation qui opère une réflexion (suivie d’effets) à ce niveau opère un apprentissage en « double boucle ». Enfin, cela peut aboutir à une remise en cause du système d’apprentissage de l’entreprise : les auteurs l’appellent apprentissage de deuxième niveau, celui qui consiste à « apprendre à apprendre ». Ils montrent à travers plusieurs études de cas comment le système d’apprentissage d’une entreprise peut buter sur des boucles d’inhibition aux niveaux individuel et collectif et comment l’intervention d’un consultant-chercheur peut aider à surmonter cette difficulté, notamment en faisant prendre conscience de ces phénomènes de blocage lors de séminaires spécifiques. Ils mettent en perspective ces méthodes, leurs apports, mais aussi leurs limites en intégrant à leurs réflexions les travaux récents sur le thème de l’apprentissage organisationnel et en montrant comment les problèmes soulevés par différents auteurs dans le cadre de réorientations stratégiques, mais aussi de la mise en œuvre d’outils de management (comptabilité analytique, TQM, reengineering…) pouvaient s’expliquer par les routines défensives créées par les organisations et leurs membres pour éviter une confrontation directe aux problèmes, obérant ainsi leurs capacités d’apprentissage.

 

Cet ouvrage, riche en cas concrets et relativement détaillés, aide à conceptualiser les interactions comportements individuels / blocages organisationnels. Il me paraît être d’un grand intérêt pour des (futurs) responsables du domaine de la qualité, dont l’une des missions principales sera de stimuler en permanence les efforts d’amélioration, donc d’apprentissage en agissant à la fois sur des leviers individuels et collectifs.

 

Références :

 

(1) Tripsas, M. et Gavetti, G. “Capabilities, Cognition and Inertia: Evidence form Digital Imaging”, Strategic Management Journal, vol.21, 2000, p.1147-1161.

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Organisational Excellence and the Management of Knowldege: To what extent can we build on the Knowledge-Based View of the firm?

8 Septembre 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. et Terziovski, M. « Organisational Excellence and the Management of Knowldege: To what extent can we build on the Knowledge-Based View of the firm? », 6th MAAOE Conference, Saint-Quentin-en-Yvelines, juin 2007, article repris in K.J. Foley et P. Hermel, The Theories and Practices of Organizational Excellence: New Perspectives, SAI Global, Sydney, septembre 2008, p.177-204

 

Abstract : There is a broad consensus in the academic and business communities that knowledge management is one of the main contributors to competitive advantage and “organizational excellence”. Although the Resource-Based view of the Firm is now widely used by researchers to conduct research on competitive advantage, the sub-branch of research called the Knowledge-Based View (KBV) of the Firm has not emerged as a real alternative to transaction-costs economics. 
The aim of this paper is to address the two questions: What are the common principles on which the KBV is built on? What are the impediments of the KBV that stop it from becoming a theory which is useful for researchers and practitioners?
With respect to the knowledge-based view of the firm, we show that the reasons why knowledge should be considered as the basis on which firms are built differ significantly from one author to another. Some insist on the advantages of the firm in producing knowledge, others in exploiting it, and still others in protecting it. And among those who insist on producing knowledge for example, the explanations are still very different from one author to another.
This lack of internal coherence is probably one of the main reasons why the KBV is rarely considered as a credible alternative theory of the firm to transaction-costs economics. We confront the potential contributions to the KBV to the recognised weaknesses of transaction-costs economics to show that it had (and still has) the potential to become a complementary explanation to the existence of hierarchical and quasi-hierarchical organizations. Following this, we go on to explain the differences between the potential and the current research on organizations.
Finally we show that the various approaches related to the KBV can be considered as more complementary than competing. Nevertheless, this creates some tensions in the management of knowledge. Protecting knowledge can be counter-productive during the creation or in the exploitation stages. For example, dividing knowledge in small parts to prevent leaks can slow down the pace of a research project or the development of a new product.
Consequent to the above, we develop an integrative model that allows us to augment the internal coherence of the different approaches developed inside the KBV of the firm. This model is based on the creative tensions that exist between production, protection and exploitation of knowledge. The paper concludes that the tensions can be managed if an integrative approach is taken where the objective is to gain synergy from the whole rather than exploit the individual elements that make up the whole. The paper also articulates several practical implications for managers.

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Le budget comme relais de la stratégie : le cas du brevet

8 Septembre 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. ; Fernandez, F. et Gendraud, P. « Le budget comme relais de la stratégie : le cas du brevet », Actes de la XVIème Conférence Internationale de l'AIMS, Montréal, juin 2007

 

Résumé : Le budget est généralement considéré comme l’un des relais classiques de la stratégie des entreprises au niveau opérationnel. Cet article examine les liens potentiels entre les buts stratégiques assignés aux brevets dans une entreprise et le budget consacré à la gestion de son portefeuille de brevets. Un panorama global des principaux rôles du brevet est d’abord présenté. Il a été dressé à partir d’une revue de la littérature académique spécialisée et surtout d’entretiens semi-directifs avec des professionnels de la propriété industrielle. Un ensemble de propositions tisse ensuite des liens entre ces différents rôles et la répartition du budget consacré aux brevets entre ses trois postes principaux : les dépôts, les extensions à l’étranger et les annuités liées à leur maintien en vigueur. La discussion qui s’ensuit porte à la fois sur les implications managériales d’un tel raisonnement et sur ses prolongations possibles en matière de recherche.

 

Lien : L'article au format PDF peut être téléchargé sur le site de l'AIMS.

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Management stratégique des droits de la propriété intellectuelle

8 Septembre 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P., Management stratégique des droits de la propriété intellectuelle, Paris : Gualino éditeur, coll. Mémentos LMD, mai 2007, 204 p.

 

Présentation : Limitant les aspects techniques et juridiques au minimum nécessaire pour la compréhension des enjeux et stratégies mises en œuvre, ce livre a pour but de montrer en quoi et comment les droits de la propriété intellectuelle peuvent constituer des outils au service de la stratégie générale de l'entreprise. Partant des apports potentiels de ces droits, l'auteur développe les différents rôles qu'ils peuvent jouer, individuellement mais aussi en combinaison avec d'autres ressources au service de la stratégie d'entreprise. Sous la forme d'une synthèse ordonnée, complète et accessible, il sensibilise à l'importance des droits de la propriété intellectuelle, aux opportunités qu'ils procurent et aux menaces qu'ils génèrent. Le public : Etudiants en master de l'enseignement supérieur de gestion. Etudiants des écoles d'ingénieurs. Professionnels des droits de la propriété intellectuelle. Conseils des entreprises.

 

Lien : L'ouvrage est disponible dans de nombreuses librairies en ligne, dont chapitre.com.

 

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Vers un élargissement des modes d’interaction entre sphères publique et privée ? L’exemple de l’utilisation stratégique des brevets

8 Septembre 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. ; Chomienne, H. et Bonhomme, Y. « Vers un élargissement des modes d’interaction entre sphères publique et privée ? L’exemple de l’utilisation stratégique des brevets »,  16ème colloque international de la revue « Politiques et Management Public », Florence, mars 2007 repris dans la revue Politiques et Management Public, vol.25, n°4, décembre 2007, p.45-62

 

Résumé (introduction) : Les problématiques liées aux droits de la propriété intellectuelle et, plus généralement, à la valorisation de la recherche occupent le devant de l’actualité. D’une part, des débats politiques importants ont lieu autour de problématiques essentiellement liées au brevet : problème des brevets sur le vivant (séquençage du génome humain), des brevets sur les logiciels (craintes quant au devenir de la communauté du logiciel libre) ou encore sur la ratification des accords de Londres (mettant fin à l’utilisation obligatoire de la langue nationale dans l’application par pays du brevet européen). D’autre part, une série de rapports met l’accent sur certaines faiblesses du système de valorisation de la recherche publique en France (rapport Levy/Jouyet sur l’économie de l’immatériel, rapport Guillaume/Cytermann sur la valorisation de la recherche). Le but de cet article est de contribuer à ces débats en essayant d’intégrer des éléments nouveaux, issus de recherches menées sur l’utilisation réelle des brevets dans les organisations privées.

D’une manière générale, la logique sous-jacente des politiques publiques menées en matière de brevets semble en effet strictement liée à la fonction primaire du brevet : protéger l’innovation de l’imitation. Cette conception limitative pourrait expliquer certaines formes de résistances dans les institutions publiques de recherche à l’extension de l’utilisation des brevets, au détriment d’une mise à disposition de l’ensemble de la communauté d’un savoir considéré comme un bien public. Or, de nombreuses études convergent pour montrer que le brevet est un moyen relativement peu efficace de protection contre l’imitation, mais qu’il a d’autres rôles de nature stratégique : outil de dissuasion, de négociation de l’accès aux technologies des concurrents, d’influence sur les standards industriels… Même si on peut noter quelques exceptions, ces rôles semblent peu pris en compte dans les débats économiques et politiques autour de ces questions. Il nous paraît dès lors important d’étudier dans quelle mesure ces différents rôles pourraient être intégrés dans le management stratégique des brevets dans les organisations publiques, notamment dans le domaine clé de la santé. Dès lors, le brevet pourrait réellement être considéré comme un outil de gestion complémentaire aux modes d’action publique traditionnels au service des politiques publiques  en matière de recherche et d’innovation.

Notre objectif est donc de conduire une recherche qualitative sur les utilisations du brevet par les organismes publics de recherche en France (universités, CNRS, CEA, INSERM, INRA, INRIA…), dont nous présentons ici les résultats préliminaires. La question centrale de cette recherche est de déterminer comment les organisations publiques de recherche utilisent le brevet dans le cadre de la valorisation de leurs activités. Y a-t-il mise en œuvre de licences ouvertes pour imposer des standards, négociation de l’accès à des technologies protégées par des entreprises privées, participation à des patent pools… ? Si oui, s’agit-il d’une stratégie délibérée et cohérente ou d’initiatives isolées ? Quelle serait la contribution d’une « utilisation stratégique » du brevet à la politique industrielle de l’Etat ? Les systèmes de gestion de ces organisations favorisent-ils les comportements souhaités ? Les données sont constituées à la fois de documents et rapports officiels relatifs aux missions et activités des organismes de valorisation de la propriété industrielle au sein des organisations publiques de recherche et d’entrevues avec des acteurs concernés.

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Le rôle des produits complémentaires dans la diffusion des innovations : le cas de la photo numérique

4 Septembre 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Histoires d'innovations

Cet article vient en complément de celui qui traite des caractéristiques particulières du processus de diffusion de la photographie numérique.Il s'agit ici de s'interroger sur le rôle des produits complémentaires. La substitution quasi-totale de la photographie numérique à la photographie argentique vient bien sûr en partie de l'amélioration des performances des appareils eux-mêmes. Mais s'en tenir à ce seul facteur serait extrêmement réducteur. Plusieurs technologies complémentaires ont été développées, certaines dans le monde de la photographie, mais d'autres dans d'autres secteurs.

 

Le premier intérêt de la technologie numérique était en effet de pouvoir traiter numériquement et les incorporer dans des documents. Lorsque Sony propose le première modèle de son Mavica en 1981, les traitements de texte commencent seulement à se diffuser et beaucoup de documents sont écris à la machine à écrire. Il faudra attendre 1986 et le premier logiciel de publication assistée par ordinateur (Pagemaker d'Aldus) pour permette l'intégration d'images à un document numérique dans de bonnes conditions. Quant au traitement des images elles-mêmes, c'est en 1990 qu'apparaît le logiciel de référence en la matière : Photoshop. Enfin, à partir du milieu des années 1990, le World Wide Web se développe rapidement et utilise massivement les images numériques au format GIF ou JPEG (que l'on peut également considérer comme des technologies complémentaires, fondées sur des algorithmes de compression). Notons enfin que pour traiter confortablement des images numériques, un matériel informatique puissant est nécessaire. L'augmentation de la puissance des micro-ordinateurs était donc une condition nécessaire au développement de la photo numérique (rappelons qu'au début des années 1980, un PC typique était équipé d'un microprocesseur doté de quelques dizaines de milliers de transistors et d'une mémoire de 64 Ko ! Les deux ont été multipliés par plus de 10 000 depuis).

 

Mais la majorité des photographes souhaitent à un moment ou à un autre obtenir un tirage papier de leurs photos. Les premières solutions vont être personnelles. Si les premières imprimantes à jet d'encre datent de 1976 (IBM 4640 Ink-jet), leur diffusion dans le grand public date du début des années 1990. Et c'est seulement avec le développement de la photographie numérique que l'on verra apparaître les imprimantes "qualité photo". Ensuite, le réseau des laboratoires photographiques, sinistré par la chute des développements/tirages argentiques, va proposer des solutions économiques de tirage de photos numériques.

 

Enfin, les photos numériques doivent être stockées sur des supports remplaçant la traditionnelle pellicule photographique. Les premiers appareils utilisaient des disquettes 2 pouces dont la capacité de stockage de quelques centaines de Ko limitait la qualité des photographies (nombre de nuances limitées pour les couleurs, faible nombre de pixels). A titre indicatif une seule photographie de mon appareil actuel pèse environ 40 Mo au format RAW (environ 10 Mo au format JPEG de qualité maximale). Si la technologie des capteurs avait évolué seule et que les supports de stockage étaient restés les mêmes, on aurait dû brider leurs performances pour permettre le stockage des images. C'est dans les années 1980 qu'apparaîront les premiers disques durs pour micro-ordinateurs. Ils se généraliseront au début des années 1990. On passe parallèlement de capacités de 20 Mo à des capacités de 1 Go.  Le disque dûr sur lequel je stocke mes photos a une capacité 25 000 fois supérieure au disque dûr qui équipait mon premier PC, acheté en 1990 ! On développera également des supports de format réduit pour les PC (clés USB à la fin des années 1990) ou plus spécifiquement conçus pour les appareils photos numériques (cartes SD), dont la capacité va également croître, jusqu'à permettre l'enregistrement de mini-vidéos sur des appareils photo.

 

Si ce cas est particulièrement significatif, les produits complémentaires jouent souvent un rôle important dans la diffusion d'un produit. Cela doit être pris en compte par les entreprises innovantes. Certaines vont développer elles-mêmes une gamme de produits complémentaires (à l'image d'Edison qui, à la fin du XIXème siècle, avait développé tous les éléments clés d'un système - fonctionnant en courant continu - dans son laboratoire de Memlo Park, ou plus récemment d'IBM dans l'informatique). Mais les entreprises ont maintenant tendance à rester centrées sur un métier. Il est en effet de plus en plus difficile de réunir en interne toutes les compétences nécessaires pour être à la pointe sur tous les éléments d'un système complexe. Une autre solution est donc de nouer des partenariats avec des fabricants de produits compélmentaires. Evidemment, il est aussi possible de compter sur la dynamique de vente du produit principal pour que se créent spontanément des produits complémentaires (ce qui s'est passé, par exemple, dans le cas de la micro-informatique). Mais c'est risqué : on risque alors de rester coincé dans un cercle vicieux, les ventes du produit principal ne décollant pas, faute d'une gamme suffisante de produits complémentaires, et les fabricants de produits complémentaires attendant que les ventes soient plus élevées pour lancer leurs produits...

 

Pascal Corbel

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Ago-antagonisme positivisme/constructivisme : quelques formes de travail épistémique

29 Août 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. ; Denis, J.P. et Payaud, M. « Ago-antagonisme positivisme/constructivisme : quelques formes de travail épistémique » in A.C. Martinet, Sciences du management – Epistémique, pragmatique et éthique, Vuibert, Paris, février 2007, p.261-284

 

Résumé (introduction) : Comme le montrent les études bibliométriques, l’ouvrage Epistémologies des Sciences de Gestion publié en 1990 est devenu une référence incontournable pour les chercheurs francophones en management stratégique [1]. Par la qualité des contributions et efforts d’approfondissement qu’il a inspirés, force est de reconnaître qu’il a contribué à placer la réflexion épistémologique au centre des débats en sciences de gestion et singulièrement en management stratégique.
L’ouvrage était présenté comme « une balise, une première, un envoi » (p.X). Effectivement, la plupart des travaux se réclamant d’une posture constructiviste s’y réfèrent explicitement. Charreire et Huault [2] montrent cependant que ses principes et ses exigences ne sont pas toujours clairement compris ni intégrés dans les travaux, en particulier doctoraux.
Ceux-ci en retiennent souvent l’idée selon laquelle cette attitude vis-à-vis de la production de connaissance se justifie principalement par son opposition à la posture positiviste associée à la figure d’Auguste Comte. Cependant, il y était proposé qu’en stratégie, seul l’entretien sur la durée d’une attitude dialogique (au sens d’E. Morin) entre postures à dominante disjonctive et analytique d’un côté, synthétique, holiste et à visée d’aide à la conception de l’autre était susceptible de produire des connaissances simultanément praticables et robustes [3].
Dans ces conditions, il serait dommageable d’en rester à une opposition trop tranchée qui, si elle n’était pas dépassée, porterait le risque d’en devenir stérile. Ce chapitre propose d’étayer cette thèse et surtout de la prolonger par une réflexion sur les modalités concrètes de dépassement du clivage positivisme / constructivisme inspirées des principes de la systémique ago-antagoniste développée, depuis plus de quinze ans, sous la conduite d’E. Bernard-Weil.
Après une analyse approfondie des motifs du clivage positivisme / constructivisme, conduisant à justifier son dépassement dans le cas du management stratégique, trois voies pour y parvenir seront successivement présentées. Toutes font appel aux concepts centraux de la systémique ago-antagoniste comme celui d’équilibration (au sens de J. Piaget) et de maintien en tension dynamique de couples réputés opposés. Les trois pistes esquissées ont pour point commun de vouloir aider à la gestion de cette tension. La première propose d’appréhender le processus de production de connaissances d’intention scientifique comme un flux oscillant entre des dominantes épistémiques de natures différentes. La deuxième propose que le recours à la production de configurations constitue une voie fertile pour gérer le couple simplification / complexification et ainsi aider l’activité de conception. La troisième, analyse les apports potentiels d’une approche en termes de systèmes propositionnels.

[1] Boissin, J.P. ; Castagnos, J.C. et Guieu, G. (2001) « Ordre et désordre de la pensée stratégique » in Martinet, A.-C. et Thiétart, R.-A., coord., Stratégies – Actualité et futurs de la recherche, Vuibert, p.27-42
[2] Charreire, S. et Huault, I. (2002) « La recherche constructiviste en sciences de gestion : quelle cohérence épistémologique ? » in I. Dostaler, H. Laroche et O. Boiral (dir.), Perspectives en management stratégique - tome VIII, Management & Société, p.265-279
[3] Martinet, A.-C. (1990b) « Epistémologie de la stratégie » in A.C. Martinet (dir.), Epistémologies et Sciences de Gestion, Economica, p.235.
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The patent as multi-facetted strategic tool

26 Août 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. et Fernandez, F. « The patent as multi-facetted strategic tool », Patent World, n°187, novembre 2006, p.23-27

 

Abstract : Previous analyses of patents have often been limited to stressing the two chief uses of the patent. The first, offensive, use is to prevent the imitation of technology used in products or manufacturing processes; the second, defensive, use is to reduce the risks of finding ones way forward closed off by competitors. Nowadays there is admittedly often a third use that is being increasingly developed, namely that a patent enables its owner to obtain royalties. But these three uses hardly cover all the uses of a patent and it is our aim in this article to identify these uses in a fuller, more structured way. This will give industrial property managers an overview of the different roles the patent can play and ensure that they are all being used to the best advantage. This article, which lists and explains the uses of patents, is also intended for non-specialists, in particular business managers for whom filing a patent is too often seen as a necessary cost rather than as a genuine investment.

 

Lien : L'article est disponible pour les abonnés de la revue.

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Synthèse du programme MINE France : vers une (re)conception de la gouvernance des SI ?

26 Août 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Denis, J.P. et Corbel, P. « Synthèse du programme MINE France : vers une (re)conception de la gouvernance des SI ? », Cahiers du CIGREF n°3, octobre 2006, p.45-68

 

Résumé : Cet article est issu du croisement d’une réflexion théorique s’écartant quelque peu des références généralement utilisées dans la recherche en systèmes d’information et de l’analyse de quatre monographies approfondies réalisées dans le cadre du programme MINE France, complétées par des entretiens dans plusieurs autres organisations, publiques et privées. Partant d’une interrogation initiale sur l’articulation entre SI, innovation et création de valeur, nous avons été progressivement amenés, au fil de nos investigations, vers plusieurs questions fondamentales liées au rôle du DSI : sur quels critères repose l’évaluation des investissements en SI ? Sont-ils réellement tournés vers la création de valeur ? Ces investissements peuvent-ils seulement être évalués ? Quelle place accorder à la gestion des risques dans ces investissements et dans la fonction même de DSI ?

Au vu de la diversité et de la profondeur de ces interrogations, on est en droit de revenir à une question plus fondamentale encore : comment (c’est-à-dire selon quels principes et quels critères) assurer une gouvernance viable des systèmes d’information ?
L’objectif de cet article est de poursuivre la réflexion engagée dans notre précédente contribution, centrée notamment sur le concept de modèle d’affaires, et de l’approfondir sur cette problématique fondamentale que connaissent tous les DSI, notamment des grandes entreprises. Dans cet objectif, un retour sur l’essence même de l’entreprise – forme organisationnelle certes, mais aussi (et surtout…) acte entrepreneurial – permet d’aboutir à une grille de lecture spécifiquement élaborée dans le cadre du programme MINE France. Appliquée ensuite aux cas d’entreprises étudiées, elle met en évidence plusieurs points essentiels qui seront détaillés dans le papier.
Ainsi, contrairement aux discours en vogue au début du millénaire sous l’impulsion de la vague des technologies Internet, les investissements en SI apparaissent, dans leur immense majorité, décidés et déployés dans un souci de contribution à l’atteinte d’une valeur largement considérée comme une donnée. Il s’agit d’un principe que l’on qualifiera, après Joffre et de Montmorillon [1], d’« efficience-coût » selon une logique classique d’économie. Toutefois, ce que montrent aussi ces études de cas, c’est que, une fois réalisés, ces investissements en SI sont aussi porteurs d’effets non anticipés et dès lors susceptibles de servir à autre chose que prévu au moment de la décision d’investissement. A l’extrême, ces effets sont susceptibles de profondément modifier, voire renouveler, la valeur même du projet entrepreneurial. On parlera ici d’efficience selon une logique de création de valeur, cette dernière étant largement incertaine puisque par nature difficile à anticiper.  
Ce constat, qui rejoint des avancées théoriques essentielles de la recherche en management ces dernières années, justifiera de s’interroger sur la pertinence, voire la nécessité, de (re)concevoir les principes comme les critères de la gouvernance des SI dans l’entreprise. Ceci sera justifié par une volonté de dépassement de la seule logique de l’efficience-coût, toujours majoritairement privilégiée – notamment sous la pression des marchés financiers – pour que soient aussi intégrées et appréhendées les conditions de l’efficience selon une logique de création de valeur.

 

Lien : Le cahier de recherche du Cigref n°3 peut être téléchargé sur le site de l'association.

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Vers une chaîne de valeur centrée sur le savoir ?

26 Août 2010 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P., Vers une chaîne de valeur centrée sur le savoir ?, synthèse des travaux en vue de l'obtention de l'habilitation à diriger des recherches sous la coordination du Professeur P. Hermel, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, septembre 2006

 

 Résumé : Ce document présente une réflexion sur nos travaux de recherche, en retraçant leurs fondements théoriques et épistémologiques. Leur principal dénominateur commun est l’omniprésence du savoir. Des caractéristiques de l’industrie électronucléaire, étudiée dans le cadre de la thèse aux droits de la propriété intellectuelle en passant par les compétences (qu’elles soient individuelles ou organisationnelles) et la constitution de « capacités dynamiques » au sein des entreprises et des organisations, il est toujours question de « savoir » au sens large. Cela nous a conduit à mener une réflexion approfondie sur les implications d’une recherche en management stratégique des entreprises centrée sur le savoir, qui constitue le fondement de notre première partie, puis à établir un véritable cadre de synthèse pour donner un nouveau sens à nos travaux.
Bien que le contexte actuel soit souvent qualifié d’économie de la connaissance, le raisonnement stratégique en termes de chaîne de valeur reste centré sur les opérations de transformation physique, conduisant à fabriquer un produit à partir de composants achetés auprès de fournisseurs et à l’amener auprès de clients. Cela nous conduit à proposer un raisonnement en termes de chaîne de valeur centrée sur le savoir. Nous empruntons à J.P. Bréchet et A. Desreumaux [1] l’idée d’un cycle exploration – intégration – exploitation et nous le transposons à l’entreprise. Ces étapes deviennent alors les phases essentielles d’une chaîne de valeur tournée vers le savoir. Les fonctions de soutien s’en trouvent également modifiées : le système d’information, la gestion des ressources humaines et la fonction financière se trouvent plus particulièrement mises en exergue. Le modèle esquissé ici améliore, nous l’espérons, l’intelligibilité de nos recherches : une fois celui-ci formalisé, il devient évident que nous nous sommes toujours intéressés, dans nos travaux de recherche, aux interactions entre ces différentes étapes et avec les fonctions de support. Cela nous permet de transformer ce qui aurait pu n’être qu’un point sur un ensemble de travaux réalisés en un plan pour l’avenir, donnant un sens supplémentaire à nos recherches futures.

 

[1] Bréchet, J.-P. et Desreumaux, A. (2002) « Sciences de gestion et pratiques de management – Le cas du management stratégique » in Réseau des IAE, Sciences de Gestion et Pratiques Managériales, Economica, p.7-22

 

Le document peut être obtenu auprès de l'auteur.

 

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