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publications : resumes et liens

Le projet intermédiaire comme moyen de construire de la confiance entre partenaires dans le cadre des coopérations à fort niveau d’incertitude

22 Juin 2013 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. et Boumrar, J. « Le projet intermédiaire comme moyen de construire de la confiance entre partenaires dans le cadre des coopérations à fort niveau d’incertitude », Actes de la XXIIème Conférence Internationale de l'AIMS (Association Internationale de Management Stratégique), Clermont-Ferrand, juin 2013


Résumé : Ce papier propose une analyse exploratoire du rôle des projets intermédiaires sur la construc-tion de la confiance dans le cas des projets à fort degré d’incertitude. Pour cela, nous procé-dons en deux temps. Nous montrons dans une première partie comment l’idée de cette relation entre projets intermédiaires et confiance a émergé. Elle est en fait à la fois présente implicite-ment dans la littérature et elle est également exprimée plus directement par les praticiens. Cette expression du point de vue des praticiens est extraite d’une étude sur les relations entre laboratoires publics de recherche et entreprises telles qu’elles sont perçues par ces dernières (fondée sur une analyse d’entretiens semi-directifs avec 14 responsables de R&D en charge de ces questions). Dans une deuxième partie, nous présentons une analyse plus approfondie réali-sée à partir d’une étude de cas longitudinale mixant 24 entretiens semi-directifs et observation participante. Ce cas a pour particularité de se situer dans un contexte d’incertitude très forte puisqu’il s’agit de mettre en place des mesures de prévention d’un risque qui ne s’est jamais concrétisé à grande échelle : la gestion préventive du risque de terrorisme biologique.

Cela nous permet de décomposer les phénomènes par lesquels la réalisation de projets inter-médiaires en commun alimente d’une part la confiance de compétence, en permettant une forme de démonstration de ses compétences mais aussi en prenant conscience de ses lacunes, donc de l’intérêt de la coopération, et d’autre part la confiance de bonne volonté, par les rela-tions interpersonnelles qui se nouent ou se renforcent à cette occasion. Mais l’étude de cas montre aussi que les deux semblent en pratique largement entremêlées. Et ces interactions viennent elles-mêmes se croiser avec les interactions entre le niveau individuel et le niveau organisationnel.

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Quand mobiliser les connaissances issues des projets collaboratifs en R&D ? Enseignements issus de deux études de cas

22 Juin 2013 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Rakotondravoavy, Y. et Corbel, P. « Quand mobiliser les connaissances issues des projets collaboratifs en R&D ? Enseignements issus de deux études de cas », Actes de la XXIIème Conférence Internationale de l'AIMS (Association Internationale de Management Stratégique), Clermont-Ferrand, juin 2013


Résumé : L’objectif théorique de ce papier est de contribuer à enrichir le concept de capacités d’absorption qui a significativement évolué depuis que les fondements en ont été posés par Cohen et Levinthal (1990). Nous commençons par revenir sur ce concept et son articulation avec les concepts de coopétition et de dilemme exploration / exploitation et nous montrons que sa complexité n’est encore qu’imparfaitement appréhendée par les travaux de recherche menés sur ce dernier. Nous réintroduisons alors cette notion de tension entre exploration et exploitation à l’intérieur même du concept, suivant en cela Zahra et George (Zahra et George, 2002). Nous montrons ensuite comment cette tension se traduit concrètement sur le terrain à travers une analyse de deux études de cas.

Le contraste de ces deux études de cas approfondies de projets de recherche réunissant de grandes entreprises, des PME et des laboratoires de recherche publics, fondées sur de l’observation participante croisée avec des entretiens semi-directifs avec les différents acteurs autour du modèle d’affaires du projet, montre que la volonté d’une firme-pivot d’exploiter trop rapidement les résultats de ce type de projet peut amener à une dégradation des relations entre les partenaires et à l’échec du projet. Cela nous conduit à réfléchir à la manière dont les tensions entre concurrence et coopération et entre exploration et exploitation doivent être prises en compte dans le déroulement de ce type de projet.


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Le concept de chaîne de valeur dans l’économie de la connaissance : une réflexion sur ses limites et son potentiel d’évolution

17 Mars 2013 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. « Le concept de chaîne de valeur dans l’économie de la connaissance : une réflexion sur ses limites et son potentiel d’évolution » in P. Hermel et P. Corbel, Le management des évolutions organisationnelles et stratégiques, L’Harmattan, février 2013, p.225-245

Le concept de chaîne de valeur est né, au moins dans son acception la plus courante en management stratégique, au milieu des années 1980 sous la plume de M. Porter. Il lui permettait de dépasser une simple analyse en termes d’environnement concurrentiel pour s’intéresser à la manière dont une entreprise pouvait capter une partie de la valeur créée par ses activités et dégager une marge par rapport aux coûts engendrés par ces dernières. Porter découpait ces activités en fonctions primaires, visant la mise à disposition des clients des biens ou services concernés et fonctions de soutien, destinées à améliorer l’efficacité de ces fonctions primaires. Les fonctions primaires étant la logistique, la production, la commercialisation et le service, on voit que la vision de l’entreprise sous-jacente est celle d’une entreprise « classique », plutôt industrielle, et créant de la valeur par la fabrication et la vente de ses produits.

Or, depuis, l’environnement économique et institutionnel a considérablement évolué. Beaucoup d’entreprises se sont recentrées sur leurs compétences stratégiques clés, externalisant progressivement une partie importante de ces fonctions primaires. Parallèlement, chacun s’accorde pour souligner l’importance jouée par les activités liées au savoir et à l’information dans ce nouveau contexte. Autrement dit, dans le domaine de la stratégie , l’attention se focalise davantage sur les fonctions de conception et le système d’information.

Cet article a pour but de resituer le concept de chaîne de valeur dans le nouvel environnement des entreprises en ce début de XXIe siècle. S’agit-il d’un concept dépassé, symbolisant la substitution progressive à l’approche portérienne des concepts-clés de la « Resource-Based View » (RBV) ou encore de l’approche relationnelle (Dyer et Singh, 1998) ? Ou est-il encore susceptible d’apports substantiels à l’analyse stratégique, à condition d’y intégrer les effets de ces évolutions récentes ?

Nous verrons que le principe de base du concept est tout à fait susceptible de s’adapter à une économie centrée sur le savoir. Après une brève synthèse des apports et limites de l’approche en termes de chaîne de valeur, nous proposons le concept de chaîne de valeur centrée sur le savoir. Nous en développons les apports potentiels et les limites. Nous proposons ensuite une première réflexion sur l’articulation entre les deux concepts.

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Le management des évolutions organisationnelles et stratégiques

17 Mars 2013 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Hermel, P. et Corbel, P., Le management des évolutions organisationnelles et stratégiques, Paris : L’Harmattan, février 2013, 359 p.

 

Présentation : Le monde a connu au cours des deux dernières décennies des changements dont la nature et l’ampleur s’avèrent considérables. Face à ces changements, les fondements théoriques sur lesquels repose le management des organisations semblent en partie vaciller. L’ambition de cet ouvrage est de contribuer à esquisser les grandes lignes d’une réflexion prenant en compte, de manière intégrée, les principales évolutions du management des entreprises aujourd’hui.

Il s’organise en deux parties. Une première série de chapitres tente d’appréhender directement certaines des transformations récentes, et leurs implications managériales. Les auteurs y abordent des thématiques telles que la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), les enjeux renouvelés du contrôle de gestion, l’innovation dans les services, ainsi que l’ouverture des processus d’innovation et le développement des stratégies d’influence. Une deuxième série de chapitres s’attache alors à approfondir les cadres dans lesquels s’inscrivent les changements des organisations : ainsi, certains auteurs intègrent des disciplines différentes des sciences de la gestion et du management pour développer des analyses interdisciplinaires, tandis que d’autres proposent une prise de recul par rapport à certains outils du management stratégique et aux méthodes d’investigation généralement utilisées. Dans tous les cas, l’étude des grandes tendances d’évolution du management actuel, tant dans les pratiques que dans les théories, constitue le cœur de la réflexion. 

L’ouvrage est le produit de la coopération des membres de l’équipe d’enseignants-chercheurs qui encadrent le Master 2 Recherche « Evolutions Technologiques, Organisationnelles et Stratégiques » (ETOS) réalisé par l’Institut Supérieur de Management de l’Université de Versailles Saint-Quentin (ISM-UVSQ). Il a été coordonné par Philippe Hermel, professeur des Universités et doyen de l’ISM, et Pascal Corbel, Maître de Conférences HDR à l’ISM-UVSQ.

 

Détails sur le produit

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Imitation et contextualisation dans la mise en oeuvre des politiques publiques : le cas de la stratégie de l’État français en matière de propriété intellectuelle

22 Décembre 2012 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Attarça, M. ; Chomienne, H. et Corbel, P. « Imitation et contextualisation dans la mise en oeuvre des politiques publiques : le cas de la stratégie de l’État français en matière de propriété intellectuelle », Politiques et Management Public, vol.29, n°3, septembre 2012, p.473-491

 

RésuméCet article s’intéresse aux politiques publiques en matière d’innovation et de propriété intellectuelle. Il vise à montrer qu’il existe, dans ce domaine, une forme de tension paradoxale entre la volonté des responsables publics d’imiter certains modèles d’inspiration nord-américaine et le souci d’adapter ces modèles aux spécificités du contexte institutionnel national. L’article s’appuie sur l’étude de la mise en place en 2011 d’un nouveau dispositif de valorisation des innovations dit « France Brevets ». La genèse et la mise en oeuvre de ce dispositif reflètent l’hybridation croissante entre les secteurs publics et privés, mais aussi l’accélération de l’importation de solutions « génériques » à des problèmes publics d’un contexte national à l’autre. Même si elle demeure expérimentale, l’initiative « France Brevets » reflète une évolution du référentiel de l’action publique focalisée sur la recherche d’une performance mesurable. Cette initiative traduit également une démarche publique de type pragmatique : avec France Brevets, l’État se positionne comme accompagnateur –ou facilitateur– d’un « marché » de la recherche, publique et privée, en pleine mutation.


Lien : L'article est disponible en ligne (payant).

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Les relations recherche publique – industrie : attentes, points de tension et convergences

14 Avril 2012 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P., Rapport sur l’étude ‘Les relations recherche publique – industrie : attentes, points de tension et convergences’, rapport remis au MEDEF, février 2012

 

Introduction : Le thème des relations entre laboratoires publics de recherche et industriels attire une attention croissante. La France se singularise en effet, par rapport à d’autres pays développés par un poids important du financement de l’Etat dans la R&D (38% en 2005 ). Même si les financements publics dépassent le seul budget des laboratoires publics, ces derniers représentent tout de même un investissement fort pour les pouvoirs publics. L’Etat s’est donc intéressé à l’impact économique de cet investissement, et notamment à la manière dont les connaissances ainsi créées bénéficiaient aux industriels français. De ce point de vue, les diagnostics effectués sont souvent plutôt pessimistes (voir par exemple le rapport Guillaume de 2007).
Face au constat d’un certain retard français en matière de valorisation de la recherche publique, de nombreuses mesures ont été prises à partir des années 1990 : création des réseaux de recherche et d’innovation technologique (RRIT) en 1998, loi dite « Allègre » de 1999, plan innovation de 2003, réforme du crédit impôt recherche de 2004, création des pôles de compétitivité en 2005, puis plus récemment création des sociétés d’accélération du transfert de technologie (SATT) et des instituts de recherche technologique (IRT). Mais les dispositifs ne suffisent pas à établir des relations. Le but de cette étude, réalisée à la demande du MEDEF, est d’approfondir notre connaissance des aspects relationnels de la valorisation de la recherche publique. Il ne s’agit pas ici d’en mesurer les résultats, mais bien d’essayer de comprendre ce qui pousse les entreprises à nouer des partenariats avec des laboratoires, la manière dont se structurent ces derniers et comment les responsables d’entreprise perçoivent les attentes des deux types de partenaires.
L’orientation de cette étude repose sur deux constats :
- D’un côté, les entreprises sont plus conscientes que jamais de la nécessité de coopérer avec des tiers dans le cadre de leurs activités de R&D (comme en témoigne la popularité du concept d’innovation ouverte proposé par Chesbrough, 2003). Parmi ces partenaires, figurent les organismes de recherche publics, les universités et les écoles d’ingénieurs.
- De l’autre, on sait que les partenariats d’innovation sont des montages complexes, qu’ils sont potentiellement générateurs de conflits (Fréchet, 2004) et pour lesquels des relations de confiance sont à la fois indispensables et difficiles à mettre en place (voir par exemple Ingham et Mothe, 2003).
C’est donc plus particulièrement aux attentes des partenaires et aux conditions à réunir pour que le partenariat fonctionne de manière harmonieuse que nous nous intéressons dans cette étude. C’est pourquoi il a été décidé, en accord avec le MEDEF, de privilégier l’approfondissement par rapport à la recherche d’un échantillon quantitativement important. Nous avons procédé à des entretiens approfondis (le guide d’entretien figure en annexe 1) avec 14 responsables de R&D en charge de ces questions (voir la liste des personnes interrogées en annexe 2). Nous avons ensuite analysé le discours de nos interlocuteurs en nous fondant sur les thèmes du guide d’entretien. Dans 12 de ces 14 cas, nous avons pu analyser une retranscription intégrale des propos des responsables, évitant ainsi les biais introduits par le filtrage au niveau de la prise de notes. Les idées clés des deux autres entretiens ont bien sûr également été intégrées à ce rapport.
Nous abordons successivement le contexte dans lequel se construisent ces partenariats, les attentes des industriels vis-à-vis de ces derniers, la manière dont ils perçoivent les attentes de leurs partenaires académiques, puis nous reprenons les principales étapes du déroulement de ces collaborations. Nous essayons ensuite de tirer un certain nombre d’enseignements de nature plus générale.
Dans ce rapport, nous laissons volontairement une très grande place aux propos de nos interlocuteurs : nous introduisons simplement des synthèses reprenant les idées clés et des mises en perspective par rapport aux travaux académiques sur certains sujets. Le document comporte donc un grand nombre de citations entre guillemets : les seuls changements apportés au texte sont la suppression des mentions qui ne permettaient pas de respecter l’anonymat des personnes interrogées. Il faut garder à l’esprit que ces propos ont été tenus oralement, d’où un style qui peut différer de celui habituellement utilisé dans un document écrit. 

 

Lien : le rapport est disponible sur demande auprès de l'auteur. 

 

 

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Gestion de la propriété intellectuelle et organisations publiques de recherche : l’éthique à l’épreuve des objectifs de performance

24 Mars 2012 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Chomienne, H. ; Corbel, P. et Denis, J.P. « Gestion de la propriété intellectuelle et organisations publiques de recherche : l’éthique à l’épreuve des objectifs de performance », Revue française d’administration publique, n°140, 2011/4, décembre 2011, p.677-692

 

Résumé : La cohabitation entre une exigence accrue de performance publique formalisée par des objectifs précis à atteindre et l’éthique traditionnelle du service public à la française ne va pas sans créer des tensions. Celles‑ci s’expriment particulièrement dans le domaine de la recherche publique qui doit démontrer son utilité socio‑économique via des indicateurs de performance qui incitent ses opérateurs à protéger juridiquement et valoriser financièrement leurs résultats scientifiques. Ainsi, l’éthique traditionnelle de « science ouverte » doit-elle composer avec les impératifs de performance économique. Plutôt que d’opposer ces deux enjeux, nous nous proposons de montrer comment ils pourraient s’articuler en développant des stratégies en matière de propriété intellectuelle équilibrées pour peu que la définition de la performance publique dans ce domaine ne se limite pas à des objectifs trop étroits.

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Les nouvelles fonctions du brevet – Approches économiques et managériales

10 Mars 2012 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. et Le Bas, C., Les nouvelles fonctions du brevet – Approches économiques et managériales, Economica, décembre 2011, 179 p.

 

Présentation : La vision du brevet a beaucoup changé au cours des dernières années. D’un outil juridique de protection de l’innovateur contre l’imitation, il est devenu une ressource stratégique dont les utilisations diffèrent d’un secteur et d’une entreprise à l’autre. Cet ouvrage a pour but de faire le point sur cette nouvelle approche des fonctions du brevet à la fois input et output du processus d’innovation, outil de protection et d’accès aux technologies des concurrents, arme concurrentielle et outil de coopération, générateur de nouveaux risques et outil de gestion de ces risques, produit de l’économie réelle et quasi-actif financier. Il s’adresse aussi bien aux professionnels de la propriété intellectuelle ou de la recherche industrielle, aux chercheurs en économie et en management, qu’aux étudiants des filières d’économie et de gestion et aux élèves ingénieurs. 

Lien : On trouvera les références bibliographiques complètes de l'ouvrage sur le site "Innovation et propriété intellectuelle".

 

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Le brevet comme outil de gestion du risque de subir une attaque en contrefaçon

10 Mars 2012 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Corbel, P. et Raytcheva, S. « Le brevet comme outil de gestion du risque de subir une attaque en contrefaçon » in P. Corbel et C. Le Bas, Les nouvelles fonctions du brevet – Approches économiques et managériales, Economica, décembre 2011, p.101-123

 

Résumé : Ce chapitre a pour but d’explorer les rôles purement défensifs du brevet. Le dépôt de brevets peut en effet avoir pour but de limiter les risques d’être attaqué en contrefaçon. En croisant une grille d’analyse issue de la gestion des risques et le discours de praticiens sur les rôles du brevet, nous avons pu en analyser les raisons. La détention de brevets diminue à la fois la magnitude des pertes et la probabilité d’occurrence d’une attaque en contrefaçon à travers trois fonctions du brevet : la négociation, la dissuasion, le « déminage » et les compétences associées. Elle modifie aussi les différents facteurs influençant la perception des risques juridiques aussi bien au niveau de la cible que de l’attaquant potentiels.
Même s’il repose plus sur une étude des discours des professionnels que de faits objectifs et d’une recherche quantitative préliminaire, ce travail contribue ainsi à étendre les raisonnements de la gestion des risques à un thème jusque là négligé par ses spécialistes. Il permet surtout d’approfondir nos connaissances sur certains des rôles du brevet, que la littérature spécialisée récente a sorti de son simple rôle originel d’instrument de lutte contre l’imitation technologique, pour en faire un véritable outil de management stratégique. L’effet de dissuasion fait partie de ceux qui avaient fait l’objet de peu d’études jusqu’ici. Enfin, cette analyse a des implications potentielles en matière de gestion d’un portefeuille de brevets, les entreprises pour lesquelles la réduction de ce risque est un élément important de leur stratégie PI adoptent en effet des comportements spécifiques, en particulier le dépôt de très nombreux brevets, ce que notre analyse contribue à expliquer.

 

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Le brevet comme input dans le processus d’innovation : le cas Peugeot-Citroën Automobiles

10 Mars 2012 , Rédigé par innopi.over-blog.com Publié dans #Publications : résumés et liens

Chevreuil, S. ; Corbel, P. et MBongui-Kialo, S. « Le brevet comme input dans le processus d’innovation : le cas Peugeot-Citroën Automobiles » in P. Corbel et C. Le Bas, Les nouvelles fonctions du brevet – Approches économiques et managériales, Economica, décembre 2011, p.45-61

 

Introduction : Le brevet est couramment et à juste titre considéré comme l’un des outputs potentiels d’un processus d’innovation. Le but de ce chapitre est de montrer qu’il ne s’agit pas seulement d’un output, mais aussi d’un input. Il s’agira donc ici de voir en quoi le brevet peut constituer un moyen d’améliorer les performances d’une organisation en matière d’innovation technologique.
Cette relation « inversée » entre brevet et innovation passe par trois canaux qui ont été identifiés par ailleurs mais ont donné lieu à peu d’études approfondies.
Le premier passe par l’analyse des brevets des concurrents (et parfois de ses propres brevets) avec pour but de vérifier si une solution technique est libre de droits, mais aussi pour tenter de contourner les inventions protégées (« inventing around »). Cette démarche autour de la veille technologique a tout de même fait l’objet d’un certain nombre de travaux (Grandstrand, 1999 ; Pitkethly, 2001), que nous complétons ici grâce à une étude de cas au sein du groupe PSA Peugeot-Citroën menée par Sylvain MBongui-Kialo dans le cadre de son travail doctoral.
Le deuxième passe par la motivation et l’implication organisationnelle. Si cette fonction du brevet est intégrée à certaines études quantitatives récentes (Blind et al., 2006), elle n’a pas fait l’objet, à notre connaissance, d’études empiriques approfondies avant une étude au sein des bureaux d’études de la même entreprise par Pascal Corbel et Sébastien Chevreuil (voir Corbel et Chevreuil, 2009). Nous synthétisons ici les résultats de cette étude.
Cette dernière avait également fait émerger un troisième canal, susceptible de faire le lien entre les deux premiers : le brevet peut aussi être analysé comme un moyen d’animation des départements de R&D. Après avoir analysé ces trois « canaux » de manière séquentielle, nous esquissons quelques pistes pour en tirer le meilleur parti simultanément.
Nous insistons dans ce chapitre sur l’effet du brevet dans le cadre d’une activité de R&D interne. Or, dans les systèmes d’innovation ouverts (Chesbrough, 2003), le brevet a également un rôle à jouer (Ayerbe et Chanal, 2010). Il peut en effet favoriser les partenariats entre entreprises à plusieurs niveaux. Cet aspect est toutefois traité de manière spécifique par Julien Pénin dans le chapitre suivant.

 

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